Récit de voyage entre copines au Maroc
- 1 oct. 2025
- 9 min de lecture
Hélène est partie en novembre pour le circuit 10 JOURS, de Marrakech jusqu'au désert. Une expérience forte qui a marqué son coeur et son esprit. Elle nous fait ici le plaisir de partager son récit de voyage à travers le sud du maroc.

Voyager entre femmes, une aventure forte
C’est l’histoire de huit femmes, huit « gazelles », qui décident de partir au Maroc. Pour la plupart elles ne se connaissent pas au départ. Pour certaines c’est un petit coup de folie, pour d’autres c’est une expérience de voyage qui s’ajoute à une longue liste de pays à travers le monde.
Elles laissent derrière elles : maris, enfants, compagnons, petits-enfants, travail ou activités de retraitées. Elles laissent parfois une situation compliquée, une séparation ou des soucis familiaux. Elles viennent dans ce pays magnifique et accueillant, pour se laisser porter pour une fois dans leur vie. Elles s’autorisent une pause, et se laissent prendre en charge par d’autres personnes qui veilleront à leur bien-être, leur confort au quotidien lors de ces 9 jours de voyage.
Elles s’accordent ce temps à l’écoute de leurs besoins, de leurs envies et même de leurs désirs.
C’est l’histoire de huit femmes : Nadine, Camille, Marielle, Chantal, Valérie, Bernadette, Hélène et Françoise, venues des quatre coins de la France. Chacune porte son histoire, plus ou moins lourde, plus ou moins compliquée, c’est comme un sac qu’elles pourront peu à peu déposer là, au fil des jours, dans cette belle sororité.
Il n’y a jamais de hasard, la surprise ce sera cette prise de conscience : le voyage en lui-même n’est pas un but, c’est le vécu au quotidien qui va créer une alchimie particulière et à nulle autre pareil. Chacune y puisera du sens, selon son caractère et ses attentes, car c’est l’histoire de huit femmes toutes très différentes qui vont se faire une place et un chemin dans ce groupe durant DIX jours.

Partir avec une agence locale vers le désert
C’est une véritable expérience humaine qu’elles vont vivre durant ce séjour. Oubliant tout ce que les agences de voyage classiques peuvent proposer. Ici on sort des sentiers battus pour se plonger dans la vie des marocains et plus spécialement des nomades berbères aux portes du désert.
Une expérience unique va s’offrir à ce groupe, grâce à Sophie et Abdul.
C’est l’histoire de huit femmes, mais curieusement, tout leur voyage sera accompagné essentiellement par des hommes. Des hommes discrets qui seront là pour préparer le campement, conduire les taxis ou les 4x4 ou la caravane de dromadaires, préparer les repas, faire la vaisselle. Il faut ici les nommer et les remercier : Ibrahim, Mustapha, Brahim, Abdul, Hassan et encore d'autres nombreux à intervenir autour de nous.

Le voyage commence : de Marrakech à Ait Ben Haddou
Dès le début, autour de Sophie, une solidarité, une écoute bienveillante, un soutien vont se mettre en place dans une cohésion de groupe. Toutes les émotions seront accueillies, le groupe est porteur et voici comment...
Arrivée à Marrakech
Chacune de son côté, depuis divers aéroports : La Rochelle, Paris, Lyon,
Toulouse...
La soirée permet de prendre la température avec une première visite des souks et un dîner sur la célèbre place Jemaa el Fnaa. Beaucoup de bruit, des odeurs, des saveurs, des couleurs, tout est TROP !
Il fait aussi chaud qu’une soirée d’été chez nous.
Vers le sud, par Ait Ben Haddou
Le lendemain nous quittons l’agitation de cette grande ville en taxi conduit par Youssef et Mohamed , il va falloir traverser l’Atlas, pour cela passer par le plus haut col du pays à 2 000 mètres, le vent souffle fort.
Nous faisons étape pour le déjeuner dans le village ancien de Ait Ben Haddou, construit en hauteur, avec à la base un oued asséché en cette période mais qui peut se remplir très vite lors des pluies.
Tout au long de cette route depuis Marrakech, nous avons croisé des ânes très chargés, menés par des paysans, et des villages isolés, avec leurs maison aux murs de terre. Nous nous demandons de quoi les gens vivent ici. Sur le bord de la route, nous doublons des écoliers, leur cartable sur le dos.
A l’étape de Ait ben haddou, nous déjeunons dans un restaurant tenu par des femmes, une sorte de coopérative entièrement auto-gérée, avec des menus de tajines et autres plats savoureux, tout est fait maison avec des produits frais. Nous sommes installées sur une terrasse ombragée, au bord de l’oued. Nous nous régalons.
L’après-midi est consacré à la visite libre du village qui domine une casbah ancienne qui a servi de lieu de tournage pour plusieurs films et séries dont « Gladiator » et « Game of Thrones ».
Le soir nous arrivons dans un trés beau riad à Ouarzazate.
Ouarzazate et les studios de cinéma
Le lendemain, nous partons pour la visite des studios de cinéma de Ouarzazate, une belle surprise nous attend ! Nous avons la chance de tomber sur LE guide qu’il nous fallait ! On ne compte plus le nombre de films et de séries tournés ici, ce qui fait vivre la ville et la main-d’oeuvre locale pour les techniciens, les décorateurs, les habilleuses et costumières.
Nous allons vivre un grand moment dans les décors du film « Astérix et Obélix : mission Cléopâtre ». Il nous propose de jouer deux scènes dans les décors des palais égyptiens de la célèbre reine. Nous jouerons les suivantes et Sophie sera Cléopâtre.
Il nous filme avec son portable comme un vrai metteur en scène : musique, prises de vue vertigineuses, mise en scène...Rien ne manque et voilà le groupe des gazelles soudées autour de leur reine pour le reste du voyage !

De Zagora jusqu'au désert
Le lendemain, c’est le départ pour Zagora, encore plus au Sud, ce sera notre dernière étape avant le désert.
Nous faisons une pause le long de cette vallée qui est une longue palmeraie, nous déjeunons dans la kasbah de Tamnougalte, une construction impressionnante.
Pour rejoindre la terrasse, nous empruntons un labyrinthe de couloirs, de cours intérieures et d’escaliers en colimaçon. La terrasse offre une vue magnifique.

Dans l’après-midi, une autre pause au village des potiers de Tamegroute. Nous trouvons là un guide et des familles qui vivent de la fabrication de poteries de toutes sortes et de toutes tailles, cuites dans des fours à 1 000 degrés. C’est un dur labeur, il faut extraire l’argile dans des puits creusés au sol, la travailler avec les pieds, tourner les pièces de poterie, entretenir le feu, surveiller la cuisson. La couleur des poteries dépend de la température du four. Nous assistons également à la cuisson du pain par les femmes du village. Ici aussi, le village est un véritable labyrinthe sur trois étages traversés de couloirs obscurs. La vie est communautaire, on pourvoit aux plus faibles : malades, indigents. La famille reste le tissu social essentiel.
Nous traversons le dernier village avant le désert et nous laissons nos taxis pour monter dans des 4x4 conduits par des nomades pour entrer dans le désert.
La découverte du désert marocain
Les mots manquent à partir de là...Le désert certes ! Mais un désert aux multiples visages et paysages.
La civilisation est derrière nous et il nous faut accepter de perdre tous nos repères pour profiter pleinement de ce qui s’offre à nous. Il faut le vivre, c’est tout !
Avant d’atteindre notre bivouac sur le site de l’ancien lac asséché d’Iriki, nous faisons halte dans une petite maison berbère, de forme arrondie, aux murs de pierres sèches et au toit de branchages dont les trous sont bouchés par toutes sortes de matériaux de récupération. Là nous vivons notre premier vrai moment d’émotion, nous sommes accueillies comme des reines par ces nomades qui possèdent si peu de choses, ils nous offrent le thé à la menthe et le pain frais. La joie est telle pour le patriarche de cette famille qu’il nous serre dans ses bras, des larmes plein les yeux.

Puis, nous reprenons nos 4x4, nous demandant comment nos chauffeurs peuvent se repérer dans cette immensité, mais rien ne leur échappe, leur regard est habitué au moindre relief, au moindre repère.
Bientôt, voici les dunes du désert de sable et notre bivouac, où nous passerons trois nuits.
Qui n’a jamais connu le désert ne peut que se sentir infiniment petit devant une telle découverte. Et en même temps, il y a ce sentiment d’appartenir à l’Univers à part entière. Je pense que pour ceux qui croient en Dieu ou en une puissance supérieure, le Grand Tout, alors le désert nous rapproche de cette notion de divinité, peut-être de façon encore plus forte que dans une église ou un temple.
Une paix absolue nous envahit et ce silence-là je vous jure que je ne l’ai jamais entendu !

A la rencontre du désert et ses habitants
Durant ces trois jours dans le désert, les liens entre les personnes du groupe vont se resserrer encore plus.
Nous entrons dans une bulle hors du temps. Avec des moments d’intimité ou de fous-rires, des moments de retrait dans les dunes, face à des levers ou des couchers de soleil à couper le souffle et qui font venir les larmes. Quelle beauté !
Au long de ces trois jours, il n’y a aucun moment d’ennui, on peut parler ou se taire, observer les étoiles allongées sur le sable ou retrouver le cocon de la tente, partir en trek à pied ou sur le dos d’un dromadaire, pique niquer dans les dunes.
Le moment le plus fort en émotion sera cette parenthèse dans la maison de Zohra, au village le plus proche que nous rejoignons en 4x4. Zohra nous reçoit dans sa maison de terre, dans le salon meublé de banquettes et de tapis. Elle repart aussitôt dans sa petite cuisine pour nous préparer des pâtisseries qu’elle nous sert avec le thé à la menthe. Ce sont des sortes de bugnes craquantes sucrées au miel, qui ont une forme de fleur aux pétales croustillantes. Puis c’est la séance du henné sur les mains, les graphismes minutieux sont dessinés avec dextérité par Zohra. Cette femme est lumineuse. Elle rayonne avec son beau sourire. Ce moment se prolonge jusqu’à la nuit, et nous quittons Zohra avec des larmes plein les yeux et une immense gratitude dans le coeur.
Foum Zguid, dernière étape du désert
Le lendemain, il faut songer à revenir peu à peu à la civilisation. Pour un retour progressif, nous faisons une étape de 24 heures à Foum Zguid, une ville en limite du désert et des contre-forts de l’Atlas.
Auparavant en quittant le désert, nous avions fait un peu de géologie, le sol regorge de fossiles par endroit car nous sommes sur un ancien fond marin et les relief des montagnes environnantes sont remarquables.
Nous avions fait une halte dans une oasis où nous avions croisé des irlandais en voyage caritatif. Au riad de Foum Zguid il y a aussi d’autres voyageurs étrangers : des canadiens et des allemands. C’est une journée calme, avec une visite dans les boutiques de cette petite ville.
Le retour du désert jusque Marrakech
Il faut ensuite reprendre nos taxis et laisser les nomades pour une longue route jusqu’à Marrakech.
Nous nous arrêtons dans un village dont la principale activité est la fabrication de tapis berbères, ils sont faits à la main et vendus dans une coopérative, c’est un bonheur pour les yeux.
Nous arrivons enfin à Marrakech, dans notre beau riad, entièrement privatisé pour notre groupe, avec ses balcons, sa terrasse et sa cour intérieure dans un décor de style anglais.
Le choc est rude au retour à Marrakech, la paix et le calme du désert nous manquent déjà! C’est le moment du shopping dans les souks, encore un labyrinthe où l’on aime à se perdre. Il faut maîtriser les codes commerciaux du lieu, tous les prix se discutent, c’est le jeu, c’est dans la culture du pays. On se perd entre les euros et les dirhams et finalement on ne sait plus quelle est la valeur des choses.
Pour finir le séjour, nous formons des petits groupes selon les envies de visites. Au choix pour celles qui le veulent : le palais Bahia, magnifique avec ses cours intérieures, ses bassins, ses mosaïques et ses plafonds somptueux, le jardin Majorelle : un havre de paix à deux pas de la médina.
Enfin et surtout, nos huit gazelles se retrouvent dans le calme et la volupté d’un vrai hammam à la marocaine, avec gommage, enveloppement de mousse et massage.
C’est le point d’orgue de ce séjour qui s’achève.
Le lendemain, chacune reprend le chemin de l’aéroport, horaires différents, mais la même attention pour toutes, le même souci jusqu’au bout afin de veiller à ce que tout se passe bien et que chacune arrive à bon port.
Le retour en France, dans le froid de novembre, se fera avec des images plein les yeux : le soleil, les couleurs, la lumière, et dans le coeur de nombreux souvenirs à raconter dans nos maisons, à tous ceux que nous aimons.
Hélène

























































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